Manifestations agricoles : Ça y est, le vase a débordé…

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culteurs haut et bas-alpins emmenés par la FDSEA et Jeunes Agricul-teurs qui ont pris le temps de minutieusement s’organiser en amont pour préparer un blocage qui devrait durer plusieurs jours. Deux points stratégiques sur l’autoroute A 51 ont été choisis : le péage de Manosque et celui de Sisteron Nord, point de jonction des deux départements mais également le péage de La Saulce.

Déterminés et solidaires

Ainsi, jeudi matin, dès six heures un cortège de tracteurs a pris position aux péages rejoint dans la matinée par une procession de trac- teurs venus de toutes les Hautes- Alpes ainsi que d’autres venus de Meyrargues ou de Pertuis.
Après un petit cafouillage imputable à Escota, la société gestionnaire de l’autoroute, qui n’avait pas procédé à la fermeture de l’axe malgré la demande de la préfecture, obligeant les agriculteurs à faire la circulation afin de sécuriser l’A 51 qui a été finalement totalement fermée et vidée de ses véhicules aux alentours de 8 h.
À midi, près de 300 tracteurs étaient dénombrés à Manosque, Sisteron Nord et La Saulce accompagnés de près de six cents manifestants. Une mobilisation sans pareille depuis de nombreuses années pour les deux départements alpins.

Mercredi Laurent Depieds, président de la FRSEA Paca et de la FDSEA 04 galvanisait ses troupes en déclarant : « Ce mouvement est unique et sa réussite passera par notre capacité à nous organiser et ne pas faire n’importe quoi, ce qui nous permettra de communiquer et de mettre une grosse pression sur nos dirigeants. Soyons unis et préparons ces prochains jours qui vont être majeurs pour notre agriculture. La population est de notre côté, il faut garder cet engouement. Il n’y a pas de place pour l’ego, et l’individualité, nous devons tous nous serrer les coudes ! C’est une situation que nous n’avons jamais connue auparavant, nous apprendrons ensemble au quotidien à gérer ce mouvement inédit ».

Margot Mégis, présidente de JA 04, choisissait d’illustrer son propos par une métaphore : « le cours d’eau a débordé, on a accumulé des couches et à un moment c’est trop tard, ça déborde. Le feu on l’arrête, l’eau non ! Nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout, il nous faut des actes ».

Présent sur l’A 51, Frédéric Esmiol, président de la Chambre d’agriculture des Alpes-de-Haute-Provence se réjouissait de voir que la mobilisation était très suivie. « Si certains avaient un doute maintenant il n’y en a plus et on sait que l’on peut mobiliser dans tous les secteurs confondus. Je ne crois pas avoir vu une telle manifestation depuis bien longtemps. La mobilisation est générale et l’État ne va plus avoir le choix que d’en prendre la mesure, lançait-il. Il faut qu’il sache que nous attendons beaucoup de lui notamment sur le GNR, les jachères, etc. Il doit être capables de débloquer les retards de paiement, réguler les importations, etc. Au niveau réglementaire, j’ai entendu un chiffre très parlant, en 1965 le Code rural comprenait 850 pages, aujourd’hui il y en a 3 000. On est toujours en train d’inventer des règles. »

Des actes concrets attendus

Une pression insupportable dénoncée également par Éric Lions, président de la chambre d’agriculture des Hautes-Alpes au péage de La Saulce : « aucune corporation n’accepterait ce que l’on accepte. On a vu les dégâts que cela pouvait causer au moment des intempéries puisque l’on ne peut plus toucher aux cours d’eau ». Il s’insurgeait également contre l’immobilisme de l’État, « il y a un an je conduisais une délégation pour préparer la venue du ministre dans le département et l’ensemble des dossiers que nous avions mis sur la table sont restés sans réponse. Il ne faut pas s’étonner qu’aujourd’hui il y ait une certaine crispation ».
René Laurans, président de la FDSEA 05 insistait sur le fait que cette mobilisation massive traduisait parfaitement « le malaise qui règne actuellement dans le monde agricole » et déplore également que « le gouvernement n’ait pas su voir à quel point celui-ci était grandissant ». L’objectif des syndicats est d’obtenir un véritable Plan Marshall pour l’agriculture française, ils attendent des actes de la part du gouvernement mais également de l’Union européenne. Une prise de parole du Premier ministre était prévue vendredi 26 en fin de journée et le ministre de l’Agriculture devait se rendre sur le terrain accompagné de son homologue de l’Environnement dans la journée de vendredi également. Le cabinet de Marc Fesneau promettait jeudi midi des « propositions concrètes de mesures de simplification ».

À l’heure où nous mettons sous presse celles-ci ne sont pas encore connues alors impossible de savoir si elles seront de matière à apaiser les tensions ou plutôt à mettre le feu aux poudres. Une chose est sûre, les agriculteurs haut et bas-alpins avaient tout prévu pour tenir sur la durée.

Les principales revendications :

  • Arrêt de la surtransposition française sur les règles européennes
  • Arrêt de la suradministration française : Stop aux normes !
  • Obligation de résultats de l’Inrae sur la recherche et le développement
  • Accompagnement des filières face au dérèglement climatique
  • Accès à l’eau pour tous : pas d’agriculture sans eau !
  • Homologation européenne sur l’utilisation des produits phytosanitaires
  • Amélioration de l’image et arrêt de la stigmatisation des agriculteurs
  • Aides à la transmission des exploitations agricoles
  • Fin du monopole de la grande distribution sur l’alimentation française
  • Stop à la concurrence déloyale au sein de l’Union européenne
  • Coût du travail trop élevé : on veut payer du travail pas des charges !
  • Énergie : un tarif pour l’énergie agricole !
  • Plus de promesses mais des actes

A. G. – Article paru dans l’Espace Alpin

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